Xoxo et Chema: retour au Mexique!

samedi 22 septembre 2007

Samedi 22 septembre: Tikal

Levé matinal pour se rendre au plus tôt sur le site de Tikal. Le shuttle (minibus à touriste) est bien là, même avec de l’avance ! En 40 minutes nous sommes arrivés. Sur le trajet je me demande si on a pas payé qu’un aller simple vu la vitesse à laquelle on prend les virages. Je repense encore plus à ça quand un animal surgit au milieu de la route et qu’on est passé très près du ravin opposé... Sur le bord de la route différents panneaux indiquant de faire attention aux animaux : serpents, tapirs, jaguars... ah ouais quand même ! Il fait encore nuit noire quand on arrive et finalement nous sommes une bonne soixantaine à aller voir ce fameux lever de soleil en solitaire et à être les 1ers sur le site ! Et les gardes qui laissent entrer tout le monde contre quelques billets...

Je ne pourrai pas dire le chemin effectué pour traverser le site. Nous marchons à la frontale, les premières lueurs matinales nous laissent deviner des pyramides encore plus mystiques. En traversant la Plaza Mayor, le guide nous montre qu’en tapant dans les mains l’écho revient sous le son du Quetzal, l’oiseau emblême du Guatemala. Et c’est pas mal ressemblant ! Impressionant, ce n’est surement pas le fruit du hasard, comment ont ils fait les mayas pour construire de telles batisses si bien disposées ? Il faut savoir que Tikal, « le lieu des échos », était déjà un centre cérémoniel 200ans avant JC. Puis les constructions ont été construites les unes sur les autres, un peu dans le style des poupées russes. Ils ne détruisaient rien, ils recouvraient par de nouveaux temples. Apogée, déclin, nouvelle apogée puis disparition soudaine vers 900ans après JC, laissant la végétation reprendre le dessus. Les premiers vrais travaux de rénovation ne se feront qu’à partir de 1956 et on estime que 30% environ du site sont découverts. Cependant, le gouvernement garde un équilibre écologie/culture, c’est à dire que la restauration est nécessaire pour la connaissance culturelle des ancêtres, notre passé, mais que la conservation de la végétation est également primordiale pour l’écologie, et donc notre futur. Faut dire que la restauration coûte également très chère, un temple découvert doit être entretenu régulièrement.

Nous montons sur le temple n°IV : une brume assez dense mais qui laisse découvrir les sommets d’autres temples au dessus des hauts arbres (temples I, II et V). Pour le lever de soleil c’est foutu comme c’était prévisible, mais l’atmosphère qui se dégage est envoutante. La jungle se réveille à son tour, on entend au loin différents oiseaux, des aras, des singes hurleurs, des jaguars ?!! En tous cas l’atmosphère est apesante et nous regardons en silence la jungle se réveiller peu à peu...

Le guide nous fera faire ensuite le tour des principaux monuments du site : temple V, place des 7 temples où quelques singes se balancent dans les arbres ; « el mundo perdido », l’acropole centrale et bien sûr la « plaza mayor » avec les temples majestueux I et II. Par les chemains, il nous montre quelques plantes et animaux qu’on aurait surement pas vu de nous même. L’atmosphère reste envoutante car une légère brume garde le mystère du site. Les pyramides en sont autant plus fasciantes, et tant pis pour les photos si ca rend rien, on aura le souvenir dans notre mémoire. (il est difficile de retranscrire l’atmosphère réelle car ce récit a été écrit depuis le Belize, un endroit si différent !)

Nous continuons l’exploration du site à 2 pendant un petit moment puis rejoignons le minibus qui nous redescend à el Remate. Le chauffeur, le même que la veille, essaye encore de nous faire un deal pour nous amener à Flores. Ils ne sont donc jamais fatigués avec toutes ces magouilles ?! Nous en tous cas ça nous fatigue et on préfère retourner dans notre petite pension cachée entre bananiers et plantes tropicales. Nous ne nous ferons pas prier pour une petite sieste dans le hamac qui nous attend devant notre porte.

Petite baignade dans le lac puis tour dans le village.

Là il y a une chose qui nous frappe : la gentillesse des gens. Toutes les personnes que nous croisons nous disent bonjour avec un grand sourire, sans rien demander de plus et ils passent leur chemin. Il suffit de s’assoir au bord de la route et le gars qui passera viendra te serrer la main et te dire qu’il est content de te rencontrer. Ici on communique par un sourire, un petit geste de la main. Ca nous change de la première impression qu’on a eu à la douane ou avec le chauffeur de Tikal. C’est une totale autre conception de la vie ici, il y a des chevaux en totale liberté, il y a le bruit de la jungle. Un pur bonheur et moment de détente. J’aime comme les gens sont posés ici et on resterait bien plus longtemps, mais hélas le temps à nous, il nous est compté.

De retour au logement, il est agréable de prendre une douche froide dans une petite cabane entre 2 bananiers alors que dehors une pluie battante s’abat d’un coup, mais pas pour longtemps. Ici c’est la saison des pluies, il pleut beaucoup d’un coup mais jamais très longtemps.

Repas puis nuit dans notre Casa Azul.

vendredi 21 septembre 2007

Vendredi 21 septembre - Route pour le Guatemala

Le bus pour Flores (Guatemala) est à 6h. Mais il faut être au terminal au moins 1h avant (donc 5h du matin !) pour on ne sait quelle raison puisque le bus ne partira qu’à 6h15 ! Le temps d’observer des ménonites, cette tribu excentrique protestante qui a l’air de s’être figée au XVIIIème siècle, genre « Petite maison dans la prairie ».

A la douane entre le Belize et le Mexique, il faut d’abord sortir du car pour aller payer 100$mx comme quoi on va bien revenir au Mexique. Si on ne paye pas, il faudra en payer le double au retour (donc surtout ne pas perdre son reçu !) Au Belize, on descend à nouveau avec nos affaires cette fois pour passer l’imigration. On a un beau tampon dans le passeport nous indiquant clairement qu’on a un jour seulement pour quitter le territoire. Et en prime, pour ce jour passé dans un bus, il faudra payer un droit de sortie !

Petite pluie pour nous accueillir, puis on longe des champs inondés. A première vue l’atmosphère est un peu différente, les gens sont noirs (issus des anciennes colonies d’esclaves), certains maisons ont l’air de venir tout droit du Mississippi et on parle anglais. La chaleur est aussi au rendez-vous, surtout que notre bus n’est pas climatisé. Pour une fois qu’on avait bien pensé à mettre un pantalon pour la clim... En traversant le pays on longe un cimetière d’au moins 1km, les tombes étant pratiquement sur la route. Une chose étrange : alors qu’on y trouve parfois de vrais cadavres de voitres, toutes les pelouses sont tendues !

Passage de la douane Belize – Guatemala : quel bordel ! Bon on descend du bus comme d’hab. Là il faut d’abord passer du côté Belize dans un bureau, premier comptoir où il faut s’acquiter de la taxe de sortie : 30Bz (12€) pour un séjour de moins de 24h, 37Bz (15€) si on a passé plus de temps. C’est assez cher payé quand on sait qu’on est même pas descendu du car dans ce pays ! Mais bon c’est pour la bonne cause, une partie est reversée pour la préservation des parcs (3€, où va le reste ??) Ensuite vient un second comptoir où une dame au téléphone tamponne rapidement le passeport.

On se rend alors à pied du côté Guatemaltèque. Plein de gars nous demandent si on veut changer du fric au black... juste à côté se trouvent les douaniers et flics... tout est normal. Il y a surement des commissions qui sont payées là-dessous.

La douane se résume en 2 guichets côte à côte, sur la route : entrée au Guatemala sortie du Guatemala Plein de gens traînent on ne sait trop de quel côté de la frontière. On remplit quand même un formulaire pour touriste et le douanier annonce : « 15Qz*. » Hein ? J’ai pas trop compris ce qu’il demande, ou plutôt fait comme je ne comprend pas. La douane est en effet l également gratuite. J’attend que JM finisse de remplir son formulaire, on range nos passeports et on lui dit « Merci et au-revoir ! » sans sortir de sous, de toute façon on a pas de Quetzal ! Dans le bus, on demandera à un couple américain qui nous confirmeront qu’ils ont bien payé 10Qz.

  • Qz : Quetzal, monnaie locale du Guatemala

Le Guatemala est connu pour sa corruption, même la petite, et ici tout se négocie, on va très vite pouvoir s’en apercevoir.

La route se transforme en piste, la végétation change, on voit qu’on a changé de pays. Quelques volcans par ci par là, une végétation dense.

Le couple américain demande au chauffeur du bus de s’arrêter à « el Remate », petit bled à 30kms avant Flores. C’est une très bonne idée ça, surtout que c’est pile sur le route de Tikal pour demain. Tout à coup le bus s’arrête, un gars monte dedans et demande : « des gens pour el Remate ? » Nous sommes 6 à se lever. Notre condition à nous pour y aller : qu’il y ai un distributeur car nous n’avons pas de Qz. Pas de problème il y aura sur la route ! Le gars nous explique alors qu le bus est déjà passé à el Remate (et que donc il ne s’y est pas arrêté comme nous l’avons demandé) mais que lui va nous y reconduire en shuttle*. Bizarre...

  • Shuttle : minibus local à touristes, genre colectivo

Les bagages sont ficelés sur le toit, on démarre, le gars nous explique qu’il s’appelle Carlos et qu’il va nous proposer l’affaire du siècle. On fait à peine 100m et le shuttle s’arrête à une station essence pour qu’on puisse y retirer de l’argent. Mais juste avant, il nous demande si demain nous voulons bien aller à Tikal : bien évidemment, tous les touristes dans ce coin y vont. Il nous propose donc de nous y amener de bonne heure, d’y voir le lever de soleil, d’avoir un guide sur le site puis de nous ramener à notre pension.

Là tout se passe très vite : en fait ils sont 3 et nous sommes justement 3 couples. Nous sommes tous descendus du minibus et chaque gars prend un couple à part pour marchander. La proposition est à 250Qz. Un peu cher quand sait que la liaison Flores-Tikal aller retour est à 70Qz puis l’entrée du parc à 50Qz. Bon ok il y a le guide en plus, mais pour moi qui ne parle pas l’espagnol... Notre négociateur (le chauffeur qu’on aura justement le lendemain) nous promet de nous faire un prix spécial à JM (qui se fait passer pour mexicain) et à moi, mais il ne peut pas nous en annoncer la couleur car les 2 autres couples sont sur le point de signer pour 250Qz. On essaye alors de négocier sur le fait de ne pas prendre de guide mais ce n’est pas possible car en fait i lets prévu d’arriver sur le site à 5h du matin alors qu’il n’ouvre qu’à 6h officiellement. Et pour cela, il faut avoir un guide qui nous accompagne et surtout qui payera la « mordida ». En gros, c’est de la corruption !

A force de négociation, on dit OK pour le prix spécial à condition de le connaître tout de suite. Et là, le gars nous annonce qu’il ne peut pas faire de réduction car ça serait injuste envers les autres qui viennent de payer les 250Qz (par personne).

En prime, on nous annonce que le trajet en minibus pour nous ramener à notre pension à el Remate sera payant. JM est à bout : il est hors de question de payer quoi que ce soit alors que le premier bus a oublié de s’arrêter, ou plutôt a fait exprès pour nous mettre dans les pattes de ses potes. Heureusement qu’il se débrouille bien en espagnol ! Les gars passent un rapide coup de téléphone à leur agence, c’est ok on ne paye rien. De toute façon JM n’aurait pas laissé passer y en a marre de parlementer. De plus tant qu’on ne décide pas pour aller à Tikal on ne repart pas (on serait pas un peu en otage là ??) Nous sommes les derniers à ne pas avoir dit OUI, les 3 gars prennent JM un peu à part et proposent 200Qz pour le tout : trajet aller/retour + guide. C’est une bonne offre, on signe enfin.

En remontant dans le minibus, le chauffeur nous propose maintenanr une autre offre, cette fois il nous offre pour 400Qz le site de Tikal et en plus le billet retour pour retourner à Belize City. Mais STOP, y en a marre des magouilles, on lui achetera rien d’autre ! Parce que même si le pack pour Tikal se révèlera très bien, on se sent manipulés et j’aime pas ça.

Le minibus nous posera finalement à la pension « Mon Ami » avec en prime tous nos bagages car vu la conduite sportive à laquelle on a eu le droit, j’aurai parié qu’un ou 2 sacs tombent du toit. Petit hôtel tenu par un français, au bord du lac Petén Itza, tout tranquille, dans une belle végétation, et surtout une belle chambre « casa azul » avec devant un hamac et des fauteuils. En fait il y a une première grande « cabane » (juste un toit, pas de mur) qui fait office de salle pour manger, petit bar, un coin lecture, puis il y a un petit chemin où on trouve les toilettes, un autre pour la salle de bains et pour 2-3 autres cabanes qui servent de chambres. La salle de bains n’a pas de vrais murs qui montent jusqu’en haut, on a donc vraiment l’impression d’être au milieu de la jungle quand on va prendre une douche. On adore l’endroit, et encore plus quand on sait que c’est 100Qz, soit moins cher que notre chambre minable de Chetumal.

Il est 16h environ (on est partit à 6h du matin + 1heure de décalage horaire = 11h de trajet initialement prévu de 7 à 8h...), on se pose tranquillement sous la première cabane de l’auberge pour se rafraichirt un coup et y manger notre premier repas de la journée : spaghettis à la bolognaise, miam ! Une bonne douche (avec un vrai filet d’eau !) et on se couche pas trop tard car on se lève de bonne heure demain. De toute façon la nuit tombe à 18h ici, donc on a l’impression d’avoir de grandes soirées.