Alors que le chemin se transforme en chemin boueux où on se demande quand on va s’enliser, le bus s’arrête au milieu de rien, un gars monte, puis redescendra quelques kms plus loin, toujours au milieu de rien. Qu’est ce qu’il faisait là ce gars ?!

Frontière du Guatemala : nous sommes contens d’avoir pu dépenser tous nos quetzals pour ne pas avoir à faire le change au black. Connaissant également la frontière, nous y allons d’un pas décidé. Là le douanier tamponne mon passeport et me demande 10Qz. Ah non non, celle là on ne me l’a fait plus, déjà on nous avait demandé ça à l’aller, on lui explique que c’est totalement illégal. On lui demande où c’est écrit, il nous répond que son ordinateur il le sait, lui. Et puis au Bélize c’est 30Bz (12€), alors on va pas chialer pour les 10Qz (1€) qu’il nous demande ! Bon ok c’est pas grand chose, mais quand on sait que c’est illégal et que chaque touriste qui passe est arnaqué de cette somme... ça peut vite monter ! Encore un réveil matinal pour prendre le bus qui nous mènera à Belize City. Un avantage : le bus vient directement nous prendre à el Remate, devant la pension. La classe ! Le chauffeur range nos affaires et nous montons dans le bus qui démarre. Et là on voit qu’il n’y a plus qu’une place pour 2... et en prime au dessus de la roue ! Je me prépare à passer le voyage debout (5h !) quand on me montre des strapontins. Le dossier arrive au milieu du dos et n’est constitué que d’une simple barre en fer, mais c’est toujours mieux que d’être debout. Le voyage va être long ! Le truc c’est qu’on avait fait exprès de dépenser tous nos Qz pour ne pas payer, mais le gars lui il nous rend pas nos passeports tant qu’on ne paye pas... Une âme généreuse du bus nous fait l’échange avec des dollars béliziens. L’âme généreuse c’est Tobias, un allemand de notre âge dont nous ferons plus ample connaissance un peu plus tard.

Pour les futurs personnes qui nous lisent et qui passeront cette frontière : demandez d’avoir un reçu officiel contre votre argent, le douanier en sera bien incapable et devrait vous faire passer sans problème !

En remontant dans le bus je vois que mon sac était en fait posé depuis le début sur un siège bien confortable. Et bien j’espère qu’il en a bien profité parce que maintenant ce siège il est pour moi !

Nous arrivons à Belize City où nous avons un bateau-bus 1/2h plus tard pour l’île de Caye Caulker (prononcer « Kikaulker »). Retrait rapide d’argent puis discutons avec d’autres backpackers en attendant le bateau. Nous ferons meilleure connaissance plus tard avec eux en passant notre séjour sur l’île en leur compagnie : - Tobias et Petra : allemands, 26 et 25 ans. Bien qu’ils n’en ont pas dû tout l’air, ils font le tour du monde. Ils viennent de Munich. - Daniel et Jana : allemands de Frankfort, mormonds, 28 et 22 ans, en voyage pour 6 semaines. - « Oran » et Yael : israëliens de Tel Aviv, juifs, de voyage pour 6 et 2 mois respectivement. Nous avons tous ou allons tous faire le Mexique, le Guatemala et le Belize.

Nous arrivons à Caye Caulker dans une atmosphère vraiment plombante. Là, plein de gars nous tombent dessus pour nous proposer des hôtels. Bien qu’on en a un plus ou moins en vue repéré dans le Routard, on finit par accepter de nous faire mener à des bungalows, à condition d’avoir le même hôtel que nos 6 potes mais qui eux partent avec un autre gars. On demande quand même à notre chauffeur de nous mener à l’hôtel qu’on a repéré mais il tient à nous montrer des cabanes sur le bord de la plage.... ok.... mais celles-ci sont horribles et on lui demande donc de nous amener maintenant à notre hôtel. Il nous explique alors que si on va au nord de l’île, là où il y a le meilleur (en fait le seul) endroit pour se baigner c’est plus cher. On s’en fou, on veut notre hôtel. Mais nous, il nous mènera encore ailleurs...

Moi j’en peux plus de ces gars avec qui il faut toujours négocier et à qui on demande un truc et on en a un autre. On est fatigué, le gars a gagné et on prend son hôtel qui n’est pas trop mal. Ma seule condition : nous amener à l’hotel de nos 6 potes. On retrouve ces derniers aux premières cabanes qu’on avait vues, ils ont l’air aussi emballés que nous ! Pour finir ils s’installeront tous les dans l’hôtel qu’on avait repéré dans le routard et où notre « chauffeur » n’a jamais voulu nous poser.

A première vue, l’ile de Caye Caulker nous parait pas si top que ça. Oui il y a de beaux palmiers, mais qu’est ce que c’est sale ! Des déchets partout, quel dommage ! Il n’y a pas non plus de véritable plage, l’endroit pour se baigner, le « split », est en fait un espace laissé par un ouragan qui a coupé l’île en 2. Et pour courroner le tout, il se met à pleuvoir...

A 18h nous retrouvons les 6 autres routards pour manger d’excellentes langoustes grillées. C’est marrant, les repas sont servis dans des boîtes en polystyrène genre McDo. Des langoustes, du riz, de la purée cuite au coco, le tout arrosé de Cuba Libre, un régal ! C’est ce soir là où on apprendra un peu plus sur la vie des mormonds quand Daniel et Jana nous expliquent qu’ils ne boivent pas d’alcool. Puis les israëliens nous racontent un peu leur vie à Tel Aviv où il n’est pas plus dangereux de vivre qu’ailleurs dans le monde. J’essaye de sortir mon faible vocabulaire allemand... Bref soirée intéressante, je reste juste très frustrée de ne pas pouvoir m’exprimer dans la langue de Shakespeare comme je le voudrais...