Levé matinal pour se rendre au plus tôt sur le site de Tikal. Le shuttle (minibus à touriste) est bien là, même avec de l’avance ! En 40 minutes nous sommes arrivés. Sur le trajet je me demande si on a pas payé qu’un aller simple vu la vitesse à laquelle on prend les virages. Je repense encore plus à ça quand un animal surgit au milieu de la route et qu’on est passé très près du ravin opposé... Sur le bord de la route différents panneaux indiquant de faire attention aux animaux : serpents, tapirs, jaguars... ah ouais quand même ! Il fait encore nuit noire quand on arrive et finalement nous sommes une bonne soixantaine à aller voir ce fameux lever de soleil en solitaire et à être les 1ers sur le site ! Et les gardes qui laissent entrer tout le monde contre quelques billets...

Je ne pourrai pas dire le chemin effectué pour traverser le site. Nous marchons à la frontale, les premières lueurs matinales nous laissent deviner des pyramides encore plus mystiques. En traversant la Plaza Mayor, le guide nous montre qu’en tapant dans les mains l’écho revient sous le son du Quetzal, l’oiseau emblême du Guatemala. Et c’est pas mal ressemblant ! Impressionant, ce n’est surement pas le fruit du hasard, comment ont ils fait les mayas pour construire de telles batisses si bien disposées ? Il faut savoir que Tikal, « le lieu des échos », était déjà un centre cérémoniel 200ans avant JC. Puis les constructions ont été construites les unes sur les autres, un peu dans le style des poupées russes. Ils ne détruisaient rien, ils recouvraient par de nouveaux temples. Apogée, déclin, nouvelle apogée puis disparition soudaine vers 900ans après JC, laissant la végétation reprendre le dessus. Les premiers vrais travaux de rénovation ne se feront qu’à partir de 1956 et on estime que 30% environ du site sont découverts. Cependant, le gouvernement garde un équilibre écologie/culture, c’est à dire que la restauration est nécessaire pour la connaissance culturelle des ancêtres, notre passé, mais que la conservation de la végétation est également primordiale pour l’écologie, et donc notre futur. Faut dire que la restauration coûte également très chère, un temple découvert doit être entretenu régulièrement.

Nous montons sur le temple n°IV : une brume assez dense mais qui laisse découvrir les sommets d’autres temples au dessus des hauts arbres (temples I, II et V). Pour le lever de soleil c’est foutu comme c’était prévisible, mais l’atmosphère qui se dégage est envoutante. La jungle se réveille à son tour, on entend au loin différents oiseaux, des aras, des singes hurleurs, des jaguars ?!! En tous cas l’atmosphère est apesante et nous regardons en silence la jungle se réveiller peu à peu...

Le guide nous fera faire ensuite le tour des principaux monuments du site : temple V, place des 7 temples où quelques singes se balancent dans les arbres ; « el mundo perdido », l’acropole centrale et bien sûr la « plaza mayor » avec les temples majestueux I et II. Par les chemains, il nous montre quelques plantes et animaux qu’on aurait surement pas vu de nous même. L’atmosphère reste envoutante car une légère brume garde le mystère du site. Les pyramides en sont autant plus fasciantes, et tant pis pour les photos si ca rend rien, on aura le souvenir dans notre mémoire. (il est difficile de retranscrire l’atmosphère réelle car ce récit a été écrit depuis le Belize, un endroit si différent !)

Nous continuons l’exploration du site à 2 pendant un petit moment puis rejoignons le minibus qui nous redescend à el Remate. Le chauffeur, le même que la veille, essaye encore de nous faire un deal pour nous amener à Flores. Ils ne sont donc jamais fatigués avec toutes ces magouilles ?! Nous en tous cas ça nous fatigue et on préfère retourner dans notre petite pension cachée entre bananiers et plantes tropicales. Nous ne nous ferons pas prier pour une petite sieste dans le hamac qui nous attend devant notre porte.

Petite baignade dans le lac puis tour dans le village.

Là il y a une chose qui nous frappe : la gentillesse des gens. Toutes les personnes que nous croisons nous disent bonjour avec un grand sourire, sans rien demander de plus et ils passent leur chemin. Il suffit de s’assoir au bord de la route et le gars qui passera viendra te serrer la main et te dire qu’il est content de te rencontrer. Ici on communique par un sourire, un petit geste de la main. Ca nous change de la première impression qu’on a eu à la douane ou avec le chauffeur de Tikal. C’est une totale autre conception de la vie ici, il y a des chevaux en totale liberté, il y a le bruit de la jungle. Un pur bonheur et moment de détente. J’aime comme les gens sont posés ici et on resterait bien plus longtemps, mais hélas le temps à nous, il nous est compté.

De retour au logement, il est agréable de prendre une douche froide dans une petite cabane entre 2 bananiers alors que dehors une pluie battante s’abat d’un coup, mais pas pour longtemps. Ici c’est la saison des pluies, il pleut beaucoup d’un coup mais jamais très longtemps.

Repas puis nuit dans notre Casa Azul.