Le bus pour Flores (Guatemala) est à 6h. Mais il faut être au terminal au moins 1h avant (donc 5h du matin !) pour on ne sait quelle raison puisque le bus ne partira qu’à 6h15 ! Le temps d’observer des ménonites, cette tribu excentrique protestante qui a l’air de s’être figée au XVIIIème siècle, genre « Petite maison dans la prairie ».

A la douane entre le Belize et le Mexique, il faut d’abord sortir du car pour aller payer 100$mx comme quoi on va bien revenir au Mexique. Si on ne paye pas, il faudra en payer le double au retour (donc surtout ne pas perdre son reçu !) Au Belize, on descend à nouveau avec nos affaires cette fois pour passer l’imigration. On a un beau tampon dans le passeport nous indiquant clairement qu’on a un jour seulement pour quitter le territoire. Et en prime, pour ce jour passé dans un bus, il faudra payer un droit de sortie !

Petite pluie pour nous accueillir, puis on longe des champs inondés. A première vue l’atmosphère est un peu différente, les gens sont noirs (issus des anciennes colonies d’esclaves), certains maisons ont l’air de venir tout droit du Mississippi et on parle anglais. La chaleur est aussi au rendez-vous, surtout que notre bus n’est pas climatisé. Pour une fois qu’on avait bien pensé à mettre un pantalon pour la clim... En traversant le pays on longe un cimetière d’au moins 1km, les tombes étant pratiquement sur la route. Une chose étrange : alors qu’on y trouve parfois de vrais cadavres de voitres, toutes les pelouses sont tendues !

Passage de la douane Belize – Guatemala : quel bordel ! Bon on descend du bus comme d’hab. Là il faut d’abord passer du côté Belize dans un bureau, premier comptoir où il faut s’acquiter de la taxe de sortie : 30Bz (12€) pour un séjour de moins de 24h, 37Bz (15€) si on a passé plus de temps. C’est assez cher payé quand on sait qu’on est même pas descendu du car dans ce pays ! Mais bon c’est pour la bonne cause, une partie est reversée pour la préservation des parcs (3€, où va le reste ??) Ensuite vient un second comptoir où une dame au téléphone tamponne rapidement le passeport.

On se rend alors à pied du côté Guatemaltèque. Plein de gars nous demandent si on veut changer du fric au black... juste à côté se trouvent les douaniers et flics... tout est normal. Il y a surement des commissions qui sont payées là-dessous.

La douane se résume en 2 guichets côte à côte, sur la route : entrée au Guatemala sortie du Guatemala Plein de gens traînent on ne sait trop de quel côté de la frontière. On remplit quand même un formulaire pour touriste et le douanier annonce : « 15Qz*. » Hein ? J’ai pas trop compris ce qu’il demande, ou plutôt fait comme je ne comprend pas. La douane est en effet l également gratuite. J’attend que JM finisse de remplir son formulaire, on range nos passeports et on lui dit « Merci et au-revoir ! » sans sortir de sous, de toute façon on a pas de Quetzal ! Dans le bus, on demandera à un couple américain qui nous confirmeront qu’ils ont bien payé 10Qz.

  • Qz : Quetzal, monnaie locale du Guatemala

Le Guatemala est connu pour sa corruption, même la petite, et ici tout se négocie, on va très vite pouvoir s’en apercevoir.

La route se transforme en piste, la végétation change, on voit qu’on a changé de pays. Quelques volcans par ci par là, une végétation dense.

Le couple américain demande au chauffeur du bus de s’arrêter à « el Remate », petit bled à 30kms avant Flores. C’est une très bonne idée ça, surtout que c’est pile sur le route de Tikal pour demain. Tout à coup le bus s’arrête, un gars monte dedans et demande : « des gens pour el Remate ? » Nous sommes 6 à se lever. Notre condition à nous pour y aller : qu’il y ai un distributeur car nous n’avons pas de Qz. Pas de problème il y aura sur la route ! Le gars nous explique alors qu le bus est déjà passé à el Remate (et que donc il ne s’y est pas arrêté comme nous l’avons demandé) mais que lui va nous y reconduire en shuttle*. Bizarre...

  • Shuttle : minibus local à touristes, genre colectivo

Les bagages sont ficelés sur le toit, on démarre, le gars nous explique qu’il s’appelle Carlos et qu’il va nous proposer l’affaire du siècle. On fait à peine 100m et le shuttle s’arrête à une station essence pour qu’on puisse y retirer de l’argent. Mais juste avant, il nous demande si demain nous voulons bien aller à Tikal : bien évidemment, tous les touristes dans ce coin y vont. Il nous propose donc de nous y amener de bonne heure, d’y voir le lever de soleil, d’avoir un guide sur le site puis de nous ramener à notre pension.

Là tout se passe très vite : en fait ils sont 3 et nous sommes justement 3 couples. Nous sommes tous descendus du minibus et chaque gars prend un couple à part pour marchander. La proposition est à 250Qz. Un peu cher quand sait que la liaison Flores-Tikal aller retour est à 70Qz puis l’entrée du parc à 50Qz. Bon ok il y a le guide en plus, mais pour moi qui ne parle pas l’espagnol... Notre négociateur (le chauffeur qu’on aura justement le lendemain) nous promet de nous faire un prix spécial à JM (qui se fait passer pour mexicain) et à moi, mais il ne peut pas nous en annoncer la couleur car les 2 autres couples sont sur le point de signer pour 250Qz. On essaye alors de négocier sur le fait de ne pas prendre de guide mais ce n’est pas possible car en fait i lets prévu d’arriver sur le site à 5h du matin alors qu’il n’ouvre qu’à 6h officiellement. Et pour cela, il faut avoir un guide qui nous accompagne et surtout qui payera la « mordida ». En gros, c’est de la corruption !

A force de négociation, on dit OK pour le prix spécial à condition de le connaître tout de suite. Et là, le gars nous annonce qu’il ne peut pas faire de réduction car ça serait injuste envers les autres qui viennent de payer les 250Qz (par personne).

En prime, on nous annonce que le trajet en minibus pour nous ramener à notre pension à el Remate sera payant. JM est à bout : il est hors de question de payer quoi que ce soit alors que le premier bus a oublié de s’arrêter, ou plutôt a fait exprès pour nous mettre dans les pattes de ses potes. Heureusement qu’il se débrouille bien en espagnol ! Les gars passent un rapide coup de téléphone à leur agence, c’est ok on ne paye rien. De toute façon JM n’aurait pas laissé passer y en a marre de parlementer. De plus tant qu’on ne décide pas pour aller à Tikal on ne repart pas (on serait pas un peu en otage là ??) Nous sommes les derniers à ne pas avoir dit OUI, les 3 gars prennent JM un peu à part et proposent 200Qz pour le tout : trajet aller/retour + guide. C’est une bonne offre, on signe enfin.

En remontant dans le minibus, le chauffeur nous propose maintenanr une autre offre, cette fois il nous offre pour 400Qz le site de Tikal et en plus le billet retour pour retourner à Belize City. Mais STOP, y en a marre des magouilles, on lui achetera rien d’autre ! Parce que même si le pack pour Tikal se révèlera très bien, on se sent manipulés et j’aime pas ça.

Le minibus nous posera finalement à la pension « Mon Ami » avec en prime tous nos bagages car vu la conduite sportive à laquelle on a eu le droit, j’aurai parié qu’un ou 2 sacs tombent du toit. Petit hôtel tenu par un français, au bord du lac Petén Itza, tout tranquille, dans une belle végétation, et surtout une belle chambre « casa azul » avec devant un hamac et des fauteuils. En fait il y a une première grande « cabane » (juste un toit, pas de mur) qui fait office de salle pour manger, petit bar, un coin lecture, puis il y a un petit chemin où on trouve les toilettes, un autre pour la salle de bains et pour 2-3 autres cabanes qui servent de chambres. La salle de bains n’a pas de vrais murs qui montent jusqu’en haut, on a donc vraiment l’impression d’être au milieu de la jungle quand on va prendre une douche. On adore l’endroit, et encore plus quand on sait que c’est 100Qz, soit moins cher que notre chambre minable de Chetumal.

Il est 16h environ (on est partit à 6h du matin + 1heure de décalage horaire = 11h de trajet initialement prévu de 7 à 8h...), on se pose tranquillement sous la première cabane de l’auberge pour se rafraichirt un coup et y manger notre premier repas de la journée : spaghettis à la bolognaise, miam ! Une bonne douche (avec un vrai filet d’eau !) et on se couche pas trop tard car on se lève de bonne heure demain. De toute façon la nuit tombe à 18h ici, donc on a l’impression d’avoir de grandes soirées.